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Nouvelles de l'ACFR

Souvenirs de l’ACFR

L’Association canadienne-française de Regina a lancé les activités de son 50e anniversaire le 24 avril dernier au Bistro du Carrefour des Plaines. Pour marquer l’occasion, Grégory Bernard à l’émission Point du Jour, m’avait demandé de tracer les grandes lignes de l’histoire de l’organisation réginoise.

Les archives de l’ACFR étant difficiles à trouver, j’ai dû me fier principalement à mes souvenirs qui datent de 1975. Pour les origines de l’organisme, j’ai consulté un historique des francophones de Regina, préparé par René Rottiers vers 1988 et publié comme feuilleton dans l’Eau vive. Selon lui, un cercle local de l’ACFC (Association catholique franco-canadienne) avait existé à Regina à plusieurs reprises avant 1965, mais le cercle avait cessé d’exister. C’est monsieur Albert Dubé qui aurait poussé pour la création d’un nouveau regroupement. Il était alors conseiller au Conseil d’administration de l’ACFC provinciale. 

À cette époque, le clergé était encore très impliqué dans la survivance de la langue française « langue et foi » et le curé à St-Jean-Baptiste, le père Riopel, a été un des promoteurs d’un regroupement des Franco-Canadiens. Avec d’autres membres de la paroisse St-Jean-Baptiste, Albert Dubé avait procédé le 14 mars 1965, immédiatement après la messe du dimanche, à fonder l’Association canadienne-française de Regina (ACFR).

Parmi les autres fondateurs, mentionnons l’avocat Guy Duperreault, les enseignants Robert Revet, Florent Bilodeau et Robert Cousin ainsi que Pierre Léveillée, Béatrice Braconnier, Anita Dubé et madame Phylis Begrand, mère d’Anita Dubé. Edmond De Corby a été le premier président. Quelques mois après la fondation de l’ACFR, La Liberté et le Patriote révélait que les cercles locaux de l’ACFC à Sedley et à Moose Jaw allaient se dissoudre pour se joindre au regroupement de Regina. 

Les premières années, l’ACFR travaillait étroitement avec d’autres groupes locaux comme l’Alliance française pour offrir des activités socioculturelles : du théâtre, des boîtes à chanson et ainsi de suite. Une autre collaboration étroite s’est développée avec la création du Centre d’études bilingues à l’Université de Regina à la fin des années 1960.

Au début des années 1970, le Secrétariat d’État (ancêtre de Patrimoine canadien) s’est mis à subventionner des activités socioculturelles. Toutefois, le fédéral insistait pour que les fonds soient versés à un centre culturel et l’ACFR était perçue comme regroupement communautaire plutôt que culturel. On avait donc créé le Centre culturel de Regina qui regroupait une douzaine de groupes francophones : ACFR, Centre d’études bilingues, Théâtre amateur français de Regina, les Dames de l’Autel, les Chevaliers de Colomb et ainsi de suite. Plusieurs activités étaient donc des collaborations entre les diverses associations francophones de la capitale.

L'arrivée de Radio-Canada

En 1973, la Société Radio-Canada a acheté les postes CFNS (Saskatoon) et CFRG (Gravelbourg) et a établi une seule station radiophonique à Regina. Il y a donc eu l’arrivée à Regina de personnes comme Raymond Marcotte (directeur), Roger Lavallée et Jean-François Dubois et les employés de Radio-Canada sont devenus des joueurs clés à l’ACFR. Monsieur Marcotte avait une philosophie qu’il rappelait sans cesse à ses employés : « Si vous allez parler des francophones à la radio, j’veux que vous sachiez de quoi vous parlez alors impliquez-vous dans le milieu. » 

Raymond Marcotte préconisait aussi l’embauche de jeunes Fransaskois à la radio : Alain Clermont, Valérie Sirois, Michel Dubé, Lionel Bonneville, Rupert Baudais, Richard Duret et moi-même; tous, Fransaskois de souche, nous étions poussés à nous impliquer à l’ACFR.

Quand je suis arrivé à Radio-Canada, en janvier 1975, Roger Lavallée était président de l’ACFR. Je travaillais avec Roger à l’émission du matin et ma première implication a été avec le Carnaval d’hiver de 1975. Je me souviens que j’étais à Regina depuis à peine quelques semaines quand Roger Lavallée a eu la brillante idée de promouvoir le Carnaval en plaçant une feuille promotionnelle dans la boîte à lettre des familles dans le nord-ouest de la ville. Faire circuler cette promotion par le Leader Post aurait été trop dispendieux. Je ne me souviens même pas du contenu de ce premier Carnaval, mais les années suivantes (1977, 1978) le Carnaval est devenu une activité très importante pour Regina avec la chanteuse acadienne, Edith Butler, ou les humoristes québécois, Ti Gus et Ti-Mousse. Le Carnaval attirait jusqu’à 800 personnes au Centre des arts. 

Une autre activité très populaire quand je suis arrivé en 1975 était les disco-bars. C’était une soirée sociale au sous-sol de l’église St-Jean-Baptiste. Une fois par mois pendant l’hiver, les jeunes gens se réunissaient pour prendre un verre, jaser et danser. Plus tard, cette formule a été remplacée par les 5 à 7, mais, pendant les années 1970, il n’était pas question d’avoir des enfants qui couraient partout. Les parents se payaient la traite d’une gardienne pour sortir s’amuser.

Depuis quelques années, le Regina Multicultural Council organisait une activité annuelle intitulée MOSAIC au Centre des arts. Les francophones n’avaient jamais participé à cet événement. En 1977, il a été décidé de changer la formule de MOSAIC et d’avoir des pavillons ici et là dans la ville. Poussée par monsieur Bernard Wilhelm, la communauté fransaskoise de Regina a décidé de participer et le premier Pavillon fransaskois a été organisé dans l’église St-Jean-Baptiste. 

Je me souviens qu’on avait tous été surpris par le succès de l’événement. J’étais l’ambassadeur du Pavillon et on prévoyait accueillir environ 500 personnes pendant les trois jours. Gilbert Troutet avait organisé un spectacle de musique folklorique et Richard Marcotte avait travaillé avec huit personnes pour leur enseigner quelques danses folkloriques. Le spectacle devait être présenté une seule fois pendant la soirée. Plus de 700 personnes se sont entassées dans l’église St-Jean-Baptiste le premier soir et les Dames de l’autel ont manqué de bouffe. Le spectacle a été modifié et présenté à chaque heure. Plus de 2000 personnes ont visité le Pavillon pendant les trois jours.

L’année suivante, on a sorti le spectacle (un hommage à la chanson française) dans la cour de l’église pour faire augmenter l’espace l’intérieur pour ceux qui mangeaient. L’Alliance française, ou les Chevaliers de Colomb, ou France Canada, avait organisé une cave à vin au sous-sol de l’église. Tous ceux dans la cave étaient déguisés en moine. 

Si par le passé, la plupart des activités de l’ACFR avaient eu lieu à l’église St-Jean-Baptiste, les gens cherchaient depuis longtemps à se donner un véritable centre culturel. Au début des années 1980, l’ACFR a donc loué une maison au centre-ville. Le rez-de-chaussée est devenu centre culturel et il y avait des bureaux au deuxième étage. Je me souviens peu de cette maison  car j’étais alors aux études à Edmonton, mais je sais que la Commission culturelle fransaskoise avait ses bureaux en haut.

Au début des années 1980, l’ACFR était très impliquée dans le dossier éducation, d’abord pour améliorer les services en français à l’école St-Pie X, puis pour mettre sur pied l’école Mgr de Laval. Certains se souviendront peut-être de la première école : une ou deux portatives rattachées à l’école LeBoldus.

Le sport jouait aussi un rôle important dans la vie des membres de l’ACFR. La ligue réginoise de ballon balai a existé pendant plusieurs années, parfois avec six ou huit équipes. Il y avait aussi le softball en été et le tournoi de curling l’hiver qui revenaient d’année en année. Aujourd’hui, le tournoi de curling est encore une activité de l’ACFR.

Quand je suis revenu à Regina en 1986, la maison du centre-ville avait été abandonnée et l’ACFR avait déménagé dans la Maison fransaskoise sur la rue Broad, là où se trouve aujourd’hui FACT Computer. Les bureaux de l’association de Regina se trouvaient dans les catacombes au sous-sol de la Maison fransaskoise et attiraient peu de visiteurs. Ce n’est que lorsqu’elle quittera la Maison fransaskoise pour un local de l’autre côté de la rue que les activités reprendront avec vigueur.

Un nouveau local, un nouveau souffle 

À la fin des années 1980, l’ACFR a loué un espace en face de la Maison fransaskoise sur Broad. Au début des années 1990, il y a eu un bourdonnement d’activités avec les Fous du Roi et la mise sur pied du Théâtre Oskana. Combien se souviennent des spectacles des Fous du Roi avec Andrée Noonan, Béatrice Gaudet et ses Bons Temps Playboys, Donald Sirois et sa comédie musicale, Mon Homestead mes Amours, le jazz de Joël Findlay, la chanson française d’Anne Brochu et autres qui ont donné vie à ce local sur la rue Broad.

Un autre projet de l’ACFR, le Théâtre Oskana, présentait des pièces comme Wheat City, Le Phénix renaîtra-t-il? et Raymond Denis et l’Association de trente sous. Toutes ces activités étaient des initiatives d’artistes locaux. C’était nos spectacles, nos créations. 

En1986, on parlait beaucoup de centres scolaires communautaires et l’ACFR travaillait étroitement dans ce sens avec l’école Mgr de Laval pour atteindre cet objectif. Josée Lévesque a assuré, pendant plusieurs années, le développement du projet; d’abord avec un investissement de la communauté dans le gymnase et le centre de ressources de Mgr de Laval, puis en 1998, avec l’ouverture du Carrefour des Plaines.

Le Bistro au Carrefour des Plaines permettait de centraliser les activités socioculturelles. Grâce à l’initiative de Claire Bélanger-Parker et Réda Lounis, le Théâtre Oskana a eu un regain de vie en 2001 quand il a lancé une saison de quatre spectacles. L’ACFR s’est mise à accueillir des spectacles, comme les Coup de cœur francophone ou les spectacles du Réseau de diffusion de spectacles de la Saskatchewan. 

Certains se souviendront peut-être du premier Coup de cœur francophone à Regina, un spectacle du groupe québécois Zébulon avec Les Zeds de Regina en première partie. Au fil des années, beaucoup d’autres spectacles nationaux et internationaux ont été présentés à Regina par l’ACFR, comme Louise Forestier, Luc de Larochellière, Damien Robitaille.

Avec l’ouverture du Bistro, les 5 à 7 sont devenus une institution. On a bien essayé de rentabiliser la cuisine du Carrefour. MOSAIC est redevenu un projet important pour l’ACFR maintenant que l’organisme avait son propre local.

Hélas, après quelques années, les foules ont commencé à disparaître du Carrefour. La notion d’un centre scolaire communautaire ne plaît pas à tout le monde. Les francophones de Regina n’envoient pas tous leurs enfants à Mgr de Laval et on entend dire que ces gens ne se sentent pas confortables de venir au Carrefour. De plus, certains élèves et enseignants de Laval ne veulent pas revenir dans leur école après les heures de classe. 

Les défis du 21e siècle

L’ACFR est-elle un peu trop insulaire avec ses deux centres, concentrant ses énergies à essayer d’attirer les gens de Mgr de Laval et les employés des associations fransaskoises juchés dans le Carrefour tout en négligeant les autres Fransaskois de la capitale? 

Le visage de la communauté fransaskoise de Regina a beaucoup changé au fil des ans avec l’arrivée de nombreux nouveaux immigrants, qu’ils soient des Canadiens d’ailleurs au pays, ou des immigrants de l’Afrique, l’Asie, l’Europe et ainsi de suite. La ville de Regina a toujours eu une population francophone très transitoire. Quand je suis arrivé en 1975, il m’aurait été difficile de trouver un Fransaskois né à Regina. Tous ceux de la communauté francophone venaient de Bellegarde, Gravelbourg, Ferland, Ponteix, Bellevue et Zenon Park. Il y avait des Québécois et des Français nouvellement arrivés.

Le défi de l’ACFR a toujours été de savoir intégrer ces nouveaux Fransaskois dans ses activités. En 1975, on demandait « c’est pour quand une pièce fransaskoise? » Aujourd’hui, on peut demander « c’est pour quand une pièce africaine au Théâtre Oskana? » 

Il y a aussi le défi, à l’ACFR, d’intéresser tous ces gens qui étudient le français comme langue seconde, en immersion et à l’Institut. Et n’oublions pas les mariages exogames. Comment peut-on intégrer ces personnes à l’ACFR? On continue d’organiser maintes activités en français à Regina. Plaisent-elles aux francophones et aux francophiles?

Le message que l’ACFR doit communiquer avec plus d’ardeur, c’est qu’elle est l’organisme de tous les francophones et les francophiles de Regina, qu’elle n’existe pas pour une petite élite, mais que tout un chacun doit s’impliquer pour lui assurer succès et longue vie.

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